mercredi 26 août 2009

Love drowned in the canal

Dans ma cabane au Canada, je prends du recul. Je discute surtout pendant des heures et des heures avec mon ami Bob, le trappeur. H, le Hollandais m'envoie des messages tous les jours. Il me dit ce qu'il fait, me demande ce que je fais. Ca donne : "Hello darling, how are you today? I had a good working day, relaxing at home, kisses" ou encore "How was your day? Mine was fine. Doing some work in my house now, kisses". Je devrais me méfier. J'ai rarement reçu des messages aussi plats. Mais ça me plaît cette attention quotidienne. A vrai dire, je commençe même à m'en faire une montagne, hollandaise certes mais quand même, je me dis qu'il y a peut-être un truc.

Et la cabane au Canada, et Bob, le trappeur romantique, et la nature grandiose, harmonieuse, encourageante. Bref, je me lance : je lui propose de me rejoindre à Bruges pour un weekend. Je tremblotte en lui envoyant le SMS. Je tremblotte aussi les minutes qui suivent. Je prends des risques. Je perds le contrôle. Je dépends d'un "oui" ou d'un "non". J’ai horreur de ça. Bob, lui, se marre. "Ben Kate, t'en fais tout un plat mais c'est rien. S'il dit oui, c'est cool. Si tu te prends un vent, tu seras triste un jour ou deux mais t'auras essayé ! Et je te connais, t'oublieras vite."
Il a raison Bob. D'ailleurs, un "oui" enthousiaste de H ne tarde pas å me faire sauter de joie sur la terrasse en bois de la cabane. J'aime encore plus Bob, la cabane, le Canada et la vie en général. J'ai laissé la Kate londonienne loin derrière moi dans une cabine d'essayage de Top Shop. "Ca se fête Bob ! On file au restau du lac. Je t'invite." Et je n'ai jamais autant ri depuis des années. La vie est pleine de promesses, de vraies promesses.

Bruges, la Belgique, un weekend du 15 août. Je n'ai pas pensé aux touristes. Il y en a plein. Il y en a trop.
Les retrouvailles, le moment tant attendu, tant redouté. Ce n'est plus le même contexte. Il n'y a pas de Little Texas à Bruges. La première soirée est simple, presque belle, on s'y retrouve, on y retrouve un brin de magie. Et puis le samedi matin, le petit déjeuner. On commence à manquer de sujets de conversation. Et puis, on est à Bruges, on ne va pas passer la journée au lit - d'ailleurs ce n'était plus aussi bien la nuit dernière - il y a des choses à voir. Je l'entraîne au bord de la mer. C'est Knocke Le Zout, la station la plus proche, le Saint-Tropez belge, truffé de riches Bruxellois et nous passons des heures à chercher une place. Je m'en veux de l'avoir traîné là-bas et puis la plage est bondée de familles, d'enfants. On quitte les canaux touristiques de Bruges pour les odeurs de crème solaire et gaufres sur fond d'air marin...

On marche le long de la mer, les pieds dans l'eau. Il ne décroche pas de son téléphone, et que je te texte et re-texte. Je finis par lui dire : "Mais à qui envoies-tu tous ces SMS ?"
Et là, c'est la chute, un embryon d'histoire d'amour qui tombe à l'eau.
Il me répond qu'il a une autre nana sur le feu, avec laquelle il ne s'est encore rien passé et il s'amuse à flirter avec elle... Là je me dis : Quel con !
Rapidement je me reprends. Je n'essaye de rien laisser paraître sur mon visage. Je reprends ma Kate attitude, je suis sur le mode on-the-make et je me dis qu'il faut finir le weekend en tout bien tout honneur. Ce que nous faisons à coups de bières et bons restos... à ses frais. Au moins, j'aurais réussi à faire crâcher un Hollandais.

Je rentre à Londres. Je téléphone longuement à mon ami Bob. Et de sa cabane au Canada, il me dit : "Un Hollandais de perdu, dix Danois de retrouvés..." I love you Bob.

samedi 15 août 2009

Kate à Quebec City

Alors là : les bras m'en tombent. Québec City est une ville diamétralement opposée à Londres. Jugz par vous-mêmes : personne ne vous fonce dessus quand vous avez le culot de traverser en dehors des clous. Pire : ils vous laissent gracieusement passer où que vous soyez !!! La cuisine est divine dans n'importe quel restaurant, cher ou pas - ce qui n'est pas toujours le cas de vous voyez de quelle ville je veux parler. Enfin, notable différence : les gens vous PARLENT. Si, comme si vous étiez un véritable être humain, de chair et d'os. Incroyable non ? A ma deuxième visite, une serveuse connaissait déjà mes petits penchants caféinés et s'inquiétait de ma santé et du programme de ma journée de détente. Alors là, moi Kate on the Make, me voilà bluffée et prête à m'expatrier....Me manque qu'un homme pour tomber à mes pieds....